Si vous avez toujours aimé les histoires de chasse aux trésors et de pirates, alors vous serez servi avec cette mystérieuse île d’Oak qu’on appelle également l’île aux chênes. En effet, son histoire pourrait très bien faire l’objet d’une adaptation cinématographique car le trésor que cette île cacherait aurait même attiré l’œil du Président américain Franklin Delano Roosevelt. Voyons ce que cette île où s’est déroulée la plus grande chasse au trésor de l’histoire a de si particulier à nous cacher.


L’histoire du lieu :

Commençons par le commencement, cette île se situe dans le comté de Lunembourg au sud de la province de la Nouvelle-Écosse au Canada. Elle mesure 1,5km de long et couvre une superficie de 0,57km2. Elle peut s’élever jusqu’à 11 mètres au dessus du niveau de la mer. Il y a possibilité de la visiter à la seule condition d’obtenir un permis car c’est une propriété privée.

Localisation de l’île sur une carte canadienne.

Le mystère entourant ce lieu presque hors du temps démarre en 1795, lorsque 3 jeunes canadiens nommés Daniel McGinnis, John Smith et Anthony Vaughan venant de la ville de Chester, située à 8km de là sur le continent découvrirent une poulie attaché à un arbre et une dépression au sol faisant pensé à un trou comblé. Ils prirent la décision de creuser et tombèrent sur une couche de pierres puis entre 3 et 9 mètres sur des plates-formes en bois. La régularité de ces plates-formes laisse penser à ces jeunes gens que c’est une œuvre humaine et que ça a été créé pour dissimuler un trésor. Ils nommèrent ce trou le « money pit », le puits au trésor. Ils ne peuvent cependant pas creuser plus loin car ils ne disposent du matériel adapté pour poursuivre les fouilles.

C’est donc à partir de 1804 que Siméon Linds après avoir formé la “Linds Syndicate”, pris la décision de reprendre les fouilles là où se sont arrêtés les trois adolescents. Tout comme eux les ouvriers vont découvrir des plates-formes tous les trois mètres. À 27 m de profondeur, ils trouvent une pierre rectangulaire gravée. Incapables de la déchiffrer, ils continuent à creuser jusqu’à 33 m soit la onzième plate-forme. C’est à partir de là que les problèmes commencent : dès le lendemain le puits est inondé jusqu’à 11 m, les chercheurs décident donc de remettre au printemps la poursuite de leurs fouilles. Lorsqu’ils reviennent ils creusent un puits parallèle à 4 m de distance du premier et à 37 m, ils s’orientent vers le premier puits. Pour la seconde fois il y a inondation. Siméon Lynds est ruiné et il arrête là ses recherches.

En 1849, c’est la Truro Compagny qui reprend les recherches mais plutôt que de creuser il est décidé de forer pour remonter des échantillons. On trouve du chêne, trois maillons en or d’une montre gousset et des fibres de coco (datées du 7ème , voir du 6ème siècle selon le National Research Council of Canada). À l’été 1850, un nouveau puits est creusé mais est lui aussi inondé tandis que le puits principal s’effondre. Il s’avère que l’eau d’inondation est salée. Après quelques recherches, on trouve une plage totalement artificielle à une centaine de mètres. Des conduits d’écoulement conduisent à l’entrée d’un tunnel qui est lui-même relié au puits au trésor, ce qui résout le mystère des inondations et rend le pompage inutile. La Truro Compagny abandonne donc ses travaux.

En 1866 James Leichi, professeur des langues à Dalhousie, traduit la pierre gravée trouvée par les ouvriers de la Linds : « forty feet below two million pounds buried » (en traduction française : « 40 pieds plus bas sont enterrés 2 millions de livres »). Cette pierre ayant été trouvée à 27 m au niveau de la 9ème plateforme, il est supposé que ce trésor serait situé à 13m au niveau de la 13ème plate-forme.

En 1909, un ingénieur et son associé se rendent à Oak Island pour faire des fouilles. Il s’agit de Henry Bowdoin et de Franklin Delano Roosevelt. Ce dernier fut un chercheur de trésor avant d’être élu président des Etats-Unis en 1932.

En 1936, Gilbert Hedden découvre sur la plage une autre pierre gravée qui n’a pas été déchiffrée.

Depuis 1965, la majorité de l’ île est la propriété de Dan Blankenship. En 1989, il fore jusqu’à 85 m de profondeur et remonte des morceaux de porcelaine. Il décide alors de filmer l’intérieur de puits et trouve à 75 m de profondeur 1 crâne et 3 coffres qu’il n’arrive pas à extraire.

L’île aux chênes n’a plus de chênes que dans son nom. Après 200 ans de fouilles, elle ressemble plus a un bourbier dans lequel on ne sait même plus retrouver le puits originel. Plus de 10 000 visiteurs s’y rendent cependant chaque année.

Il existe bon nombre d’hypothèses concernant le trésor de l’île renforçant sa légende , découvrons les ensemble.

La légende entourant le mystérieux trésor de l’île aux Chênes :

Selon l’histoire de cette légende, le trésor caché sur cette île aurait amené par le célèbre corsaire anglais, le capitaine William Kidd.

Capitaine William Kidd (1645-1701)

Il est connu pour être l’un des plus grands pirates que la Grande-Bretagne ai jamais connu. Il a écumé les mers de Madagascar jusqu’aux Antilles et aurait amassé au fil du temps un joli pactole, avant d’être mis aux arrêts et d’être condamné à mort par pendaison. Il est donc probable que tout le butin qu’il disposait ai été enfoui sur l’île d’Oak, la question que l’on pourrait se poser et pourquoi cette île et pas une autre ? Peut être que Kidd était le seul à connaître l’emplacement de cette île mais dans ce cas pourquoi se donner tant de mal à creuser si profondément pour cacher le trésor, si c’est pour le récupérer par la suite ? Cela n’a pas forcement de sens de se compliquer la tâche, sauf si Kidd se doutait qu’il serait bientôt capturé et condamné à mort, et dans ce cas il emportait avec lui les secrets de ce trésor dans sa tombe. Ceci n’est bien sûr que la première hypothèse sur l’origine du trésor.

La seconde origine porterait sur le fait que le trésor aurait appartenu à l’Ordre des Templiers selon l’hypothèse du chercheur français Eric Surcouf. D’après lui, l’ancien grand maitre de l’ordre Henry Sinclair, aurait très bien pu avoir le temps d’emporter tout le trésor de la Maison du Temple de Paris en prenant la mer et le dissimulant sur l’île d’Oak, avant que l’Ordre ne soit dissout par le roi de France Philippe Le Bel et le pape Clément V et que ses frères soit exécutés sur le bûcher.

L’autre origine de ce trésor porterait sur le fait qu’en 1745, lors de la guerre contre les Anglais en Nouvelle-Ecosse, le roi Louis XV aurait envoyé régulièrement des bateaux remplis de pièces d’or et d’argent. Il aurait très bien pu être dérouté par des corsaires qui ont très bien pu ensuite amener le trésor sur cette île.

La dernière hypothèse est issue de l’oeuvre “Oak Island Gold” parue en 1993 apportée par son auteur William.S.Crooker. Selon lui, la cargaison aurait été prise par le Comte d’Abemarle, sujet du roi Georges 3 d’Angleterre en 1762. Elle contiendrait de l’or de la ville de La Havane destiné à l’Espagne.

Ce sont les 4 hypothèses les plus fréquemment avancées sur le mystérieux trésor de l’île d’Oak, mais il en existe bien d’autre. Certains vous diront que le trésor a aussi appartenu aux pirates Henry Morgan et Barbe-Noire, et d’autres vous affirmeront qu’il appartenait à des réfugiés incas fuyant les conquistadores espagnols de l’Amérique du Sud.

.La seule chose qui est sûre est que très peu d’objets confirmant la présence d’un trésor ont découverts. Seul quelques chainons de fer datant du 18ème siècle, une vieille paire de ciseaux espagnole de 300 ans et des monnaies de cuivre ont été retrouvés. Nous sommes bien loin du fabuleux trésor rempli de pierres précieuses et d’or comme le souligne assez souvent la légende, mais n’oublions pas que depuis 1965 aucune fouille n’a été reprise depuis et les rares visiteurs autoriser à pénétrer sur cette île (10 000 par an) n’ont pas encore trouvé la trace d’un quelconque butin. C’est à vous de forger votre opinion sur le sujet, mais la seule certitude est que cette île cache quelque chose de mystérieux qui n’a pas encore été complétement dévoilé.