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Nous avons tous entendu parlé des musées de cire de Madame Tussauds qui sont répandus partout dans le monde et dont le plus connu d’entre eux est situé à Londres. Mais connaissiez-vous l’histoire de sa fondatrice ? Découvrons ensemble le destin Marie Tussaud.


C’est en 1761 à Strasbourg que naquit Marie Grosholtz (alias Marie Tussaud). Elle est la fille d’un père soldat répondant au nom de Joseph, mort (deux mois avant sa naissance) durant la Guerre de Sept Ans opposant le royaume de France allié à l’archiduché d’Autriche face aux royaumes de Grande-Bretagne et de Prusse qui aura duré de 1756 à 1763. Sa mère Anne-Marie devenue veuve comme beaucoup tant d’autres durant le conflit n’eut d’autre choix que d’abandonner leur demeure familiale devant le manque de moyens financiers pour subvenir à leurs besoins primaires.

Elles déménagent toutes les deux en Suisse à Berne pour loger chez le médecin Philippe Curtius, la mère de Marie ayant été engagée comme femme de ménage. Le docteur Curtius décida de prendre Marie sous son aile qui fut bien loin d’imaginer que cet homme allait lui enseigner tout ce qu’il maîtrisait. En effet en dehors de sa fonction de médecin et de physicien, il excelle également dans la sculpture de cire pour apprendre à mieux connaître l’anatomie. L’attachement entre l’élève et son professeur fut tel que Marie considéra depuis le décès de son père que le médecin était comme un oncle pour elle. Mais ce dernier voulant monter son propre cabinet de portraits en cire pris la décision de laisser Marie et sa mère à Berne, pour s’installer à Paris en 1765. Elles le rejoindrons deux ans plus tard et c’est à partir de 1776 que le docteur Curtius commença sérieusement à enseigner son art à Marie.

C’est à l’âge de 16 ans que Marie réalisa son premier portrait de cire, celui de François Marie Arouet dit Voltaire, l’écrivain et philosophe français. Son talent précoce dans la sculpture de cire fut tellement impressionnant qu’elle a également réalisé les portraits de Jean-Jacques Rousseau et de Benjamin Franklin en 1778. Puis à partir de 1882, le docteur Philippe Curtius décida d’ouvrir un second cabinet d’exposition au Boulevard du Temple. Malgré le succès auprès du public parisien des œuvres de Marie et de son enseignant, la Révolution française éclate. Les membres du Tiers-Etat majoritaires en nombre mais fébriles devant le surplus de privilèges accordés aux membres du Clergé et de la Noblesse veulent mettre fin à la monarchie absolue établit dans le royaume de France depuis le règne de Louis XIV.

Aussi étrange que cela puisse paraître, Marie se retrouva malgré elle en bons termes avec les deux parties puisqu’elle a réalisé des portraits de Napoléon et de Robespierre qui sont tous les deux pour que le peuple bénéficie plus de droits mais également du côté de la noblesse puisqu’il se dit d’après ses mémoires, qu’elle aurait vécu huit ans à la cour de Versailles et qu’elle aurait même enseigné son art à la sœur du roi Louis XVI.

Malheureusement, le statut-quo de Marie cessa lorsqu’elle fut arrêtée par les Révolutionnaires suite à une dénonciation de son rival Jacques Dutruy. Elle fut alors enfermée dans une cellule en compagnie de Joséphine de Beauharnais ( la futur femme de Napoléon Bonaparte qui deviendra impératrice lorsque son époux prendra la tête de l’Empire français) attendant d’être menée à l’échafaud. Son crâne fut alors complétement rasé pour l’occasion. C’est au moment où elle allait être exécutée à la guillotine, que le peintre David intervient en sa faveur et demanda à ce qu’elle fut libérée pour qu’elle puisse mettre à disposition ses talents de sculptrice en confectionnant des masques mortuaires de toutes les victimes de la guillotine. Elle réalisa ainsi les masques de Marie-Antoinette dit l’Autrichienne, femme du roi Louis XVI et accusée d’avoir été en partie responsable des problèmes de trésorerie du Royaume de France, guillotinée en 1793 ; celui également de Marat dit « l’Ami du Peuple » assassiné dans son bain par Charlotte Corday et de Robespierre qui après la Révolution française a instauré un climat de terreur et sera condamné à mort à la guillotine le 28 juillet 1794. Et comme si cela ne suffisait pas, un évènement tragique va survenir dans la vie de Marie. Son mentor, le docteur Philippe Curtius mourut en 1794 et légua toute sa collection d’œuvres à son élève.

Le 28 octobre 1795, Marie va faire la connaissance d’un ingénieur civil nommé François Tussaud, originaire de Mâcon. Ils se marièrent tous les deux et vont donner naissance à 3 enfants : une fille qui sera morte-née et deux garçons qu’ils appelèrent François et Joseph.

En 1802, Marie Tussaud quitta avec Joseph un de ses fils, son foyer afin de se rendre à Londres où elle a été invitée par le magicien Paul Philidor pour signer un contrat d’association. Elle put passée de l’autre côté du continent grâce à la paix d’Amiens mettant fin à la Deuxième Coalition qui avait pour objectif d’abattre les Révolutionnaires et de rétablir la monarchie absolue. Elle présenta alors sa collection de portraits en Grande Bretagne et en Irlande, mais elle et son enfant menèrent une vie difficile du fait que la moitié des gains qu’elle génère dans sa troupe revient à Philidor. Elle songea un instant à repartir en France mais la signature par Napoléon 1er de la Troisième Coalition l’a contraint à poursuivre son spectacle de musée de cire itinérant.

C’est à partir de 1835 que Marie Tussaud installe sa première exposition permanente de portraits de cire à Baker Street. Elle nomma sa boutique Baker Street Bazaar (qui deviendra par la suite Madame Tussauds) et présente sa collection en deux parties : les victimes de la Révolution française d’un côté et leurs meurtriers de l’autre. En 1838, elle commença à rédiger ses mémoires et en 1842, elle réalisa un autoportrait (qui est d’ailleurs encore de nos jours visible à l’entrée du musée de Londres).

Le 15 avril 1850, Marie Tussaud s’éteint paisiblement dans son sommeil à l’âge de 88 ans. Par la suite, une plaque mortuaire en son honneur fut installée du côté droit de la nef de l’église Saint-Mary à Cadogan Street, à Londres.

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John Sinclair

John Sinclair est un grand passionné d’histoire, de tout ce qui touche au paranormal et, de manière générale, à l’étrange. Une passion qui a démarré avec l’écriture d’articles sur le sujet, sur un blog personnel pour commencer puis finir sur Hellystar, en tant qu’éditeur d’articles. Il a également créé une chaîne YouTube dans laquelle il présente des reportages sur la base de ses recherches et de ses différents travaux. Aujourd’hui, il se lance dans son premier projet d’écriture d’un livre mêlant ses deux passions majeures. Livre : Investigations paranormales – Premiers pas Chaîne YouTube
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