Cette forêt de de 35 000 hectares (environ 35km2) se situe à la base du Mont Fuji au Japon et à moins de 100km de la capitale japonaise : Tokyo. Elle est également sous le nom de Jukai, qui en japonais signifie “la mer d’arbres”. Par rapport à d’autres forêts du Japon, elle est fait parti des plus jeunes de l’histoire, en effet, elle est âgée de 1200 ans. Elle couvre également l’emplacement d’une large coulée de lave suite à une éruption en 864 qui a durée 10 jours, on baptisa cette catastrophe naturelle, l’éruption de Jögan car elle eu lieu pendant l’ère de Jögan (avril 879-avril 877). Cependant, cette forêt située dans un cadre digne des plus belles cartes postales est malheureusement aussi connue pour être une forêt maudite.


Aokigahara, juste à la base du Mont Fuji

L’histoire du lieu :

C’est à partir des années 50 que l’on commence à constaté un grand nombre de morts dans cette forêt, la majeure partie d’entre eux due à des suicides. Beaucoup de pendaison sont relevées dans la préfecture de Yamanashi, on compte entre 2005 et 2007, 1088 suicidés par pendaison. La préfecture où est englobée la forêt d’Aokigahara représente à elle seule 1% des suicides au Japon. Ce lieu avec le Golden Gate Bridge de San Francisco est l’un des sites où il y a le plus grand nombre de suicides dans le monde.

De plus, la majeure partie des corps des défunts n’ont encore été tous retrouvés. Entre 1998 et 2004, les autorités japonaises ont pu réussir à retrouver 260 cadavres dans un état de décomposition plus ou moins avancé pour certains.

Le suicide par pendaison est ce qui est le plus fréquent dans cette forêt, mais on a aussi relevé des suicides par absorption de somnifères.

Alors une question vient en tête, pourquoi plusieurs japonais décident de mettre fin à leurs jours dans cette forêt ? La réponse à cette question est apportée l’auteur nippon Seicho Mastumoto (1909-1992) dans sa nouvelle de 1959 : la Kuroi Jukai (Mer noire d’arbres) dans laquelle il explique que cette forêt est “l’endroit idéal pour mourir” car il n’y a aucune chance de retrouver le corps des défunts. C’est suite à la parution de cette nouvelle que plusieurs japonais l’ont pris au mot, et que les autorités japonaises lui reprocheront d’être le déclencheur de cette grande vague de suicides qui démarra dans les années 50. Et comme si cela ne suffisait pas, un autre auteur japonais Wataru Tsutsumi qui va écrire un horrible “guide complet du suicide” en 1993 dans lequel il explique toutes les différentes façons de se suicider ainsi que les risques encourus pour chaque méthode, et il recommande le suicide par pendaison ! Il indique même les endroits de cette forêt où il n’y a pas de chance de retrouver les corps des victimes, pour faire croire à des disparitions mystérieuses. La parution de ce nouvel ouvrage accroit de plus en plus le taux de suicides, à un tel point que sur les rares corps retrouvés la police japonaise dans exactement les lieux décrits par Tsutsumi, on y retrouve à côté de ceux-ci son ouvrage.

Autre constat étrange, la forêt d’Aokigahara serait également un lieu propice à la chasse aux trésors. C’est le cinéaste Takimoto Tomoyuki qui durant le tournage de son film “Mer d’arbres” en 2004 va retrouver un portefeuille contenant 370 000 yens, soit l’équivalent de 2300 euros à l’époque. Suite à cela de nombreuses personnes tentent alors de partir rechercher des trésors dans cette forêt, mais malheureusement, le bilan de morts déjà monstrueux s’alourdir encore plus, mais par des suicides, mais par des pertes de ces chasseurs de trésors qui n’ont jamais su retrouver leur chemin dans cette forêt si dense, qu’ils ont fini par mourir de faim et d’épuisement.

Pour faire face à la forêt maudite, et faire réfléchir ou fuir les imprudents, le gouvernement japonais a décidé de mettre en place des panneaux d’avertissement sur la dangerosité de cette forêt sur tous les chemins et dans lesquels, il invite toute personne voulant mettre fin à ses jours de contacter les urgences afin d’apporter une aide psychologique pour diminuer le nombre de suicides et de morts de cette forêt.

Seicho Matsumoto, personne présumée coupable du déclenchement des suicides d'Aokigahara
Seicho Matsumoto, personne présumée coupable du déclenchement des suicides d’Aokigahara
Takimoto Tomoyuki, réalisateur japonais du film "Mer d'arbres", qui involontairement augmenta le nombre de morts suite à sa trouvaille dans la forêt
Takimoto Tomoyuki, réalisateur japonais du film “Mer d’arbres”, qui involontairement augmenta le nombre de morts suite à sa trouvaille dans la forêt

Faits étranges :

Comme on a pu le constater l’histoire de ce lieu maudit est déjà très chargé, et n’oublions pas aussi que nous sommes dans le pays où le paranormal n’est vraiment pas un tabou. En effet, les japonais sont animistes et croient en l’existence d’une infinité d’esprits. Pour eux si une personne meurt dans un sentiment de profonde haine, colère, tristesse ou désir de revenge, alors elle ne peut quitter notre monde et continue d’errer, apparaissant aux personnes touchées par le sort ou à ceux qui croisent son chemin. On appelle ces esprits des yurei qui ont été illustrés un grand nombre de fois dans l’histoire du cinéma de l’épouvante japonais, car ils ont la particularité de tuer le plus de personnes possible et de les toucher par leur malédiction. C’est pourtant dans les films américains The Ring et The Ring 2, que ces esprits japonais se font connaitre avec le yurei Samara. Et il semblerait que la forêt d’Aokigahara soit l’antre de ces yurei.

De plus, ce site est considéré comme l’endroit le plus hanté au Japon. Beaucoup de personnes affirment avoir vu d’effroyables apparitions fantomatiques, et ont le sentiment que les arbres de cette forêt sont vivants, ce qui augmente le sentiment d’être oppresser et d’être mal à l’aise.

Des gardes forestiers ont constaté lors de leurs patrouilles la découverte de cadavres en décomposition ou partiellement dévorés par des animaux, souvent pendus. Ils ont même mis en place dans leur base une pièce spécialement dédiée pour les corps. Et plus surprenant et glauque, un lit est installé dans cette pièce pour le garde désigné comme veilleur des corps par tirage au sort, car si on les laisse sans surveillance, alors le yurei qui se cache dans chaque cadavre, pourrait se réveiller et s’en prendre aux gardes forestiers selon eux.

 

Ce que nous pouvons donc en conclure, c’est que si cette forêt avec son atmosphère pesante abrite réellement des yureis comme les japonais nous le décrivent, alors pour moi se serait l’endroit le plus terrifiant qui puisse exister sur Terre. C’est malgré tout et il faut le reconnaître, un lieu très propice à l’étrange avec une combinaison parfaite entre phénomènes paranormaux et folie des hommes.

Pourtant, alors que ce lieu maudit abrite de nombreuses victimes, les japonais semblent l’avoir adopté dans la culture populaire, avec les nombreux exemples décrit ci-dessus. Mais sur la forêt d’Aokigahara, en dehors du controversé “Mer d’arbres” ou Ki no umi en japonais, d’autres films traitent la légende de ce lieu. Celui de Gus Van Sant réaliser en 2015 nommé Nos Souvenirs traite des phénomènes de suicides, tandis que celui de Jason Zada, The Forest (2016), parle globalement de l’intégralité des évènements qui se produisent dans cette forêt.

Question débat :

Après plusieurs tragédies qui se sont déroulés dans la maudite forêt d’Aokigahara, croyez-vous que la malédiction se lèvera un jour ? Les japonais ne semblent pas persuadés car le suicide fait partie malheureusement partie de leur “culture”, et essayent à travers cette forêt meurtrière, de lutter contre le chômage et les problèmes économiques et financiers, pour ne pas subir le même sort et la même perte d’espoir que leurs prédecesseurs.