Chaque pays du monde a son lot de légendes et de mythes urbains qui ont toujours fasciné bon nombre de personnes. L’une des plus célèbres légendes de l’Histoire de France va vous être conté dans cet article, il s’agit de la bête du Gévaudan.


L’histoire de la bête du Gévaudan :

Tout commence en 1763, lorsque dans la région du Dauphiné (quart sud-est de la France actuelle) on rapporte une série d’attaques effectuée par un immense animal. Selon les témoignages de l’époque, il s’agirait d’un très gros loup mais dont le pelage et la morphologie sont inhabituelles en comparaison à ceux d’un loup de taille normal. Il aurait attenté à la vie d’un jeune garçon de 14 ans gardant son troupeau de moutons, mais ce dernier a pu s’en sortir, d’où les détails précis sur le monstre. Il n’en fallait pas moins pour effectuer un rapprochement avec la région du Gévaudan où les attaques ainsi que la description de l’animal sont identiques.

En effet, la première attaque dans le Gévaudan eu lieu dans le courant de l’été 1764 lorsqu’une jeune fermière rentra en panique dans le village de Langogne et raconta avoir été agressée par une “bête”, son troupeau de bœufs fut décimé et elle fut la seule survivante de cette attaque malgré ses tentatives de défendre ses vaches. Malheureusement, un drame intervient le 30 juin 1764 lorsque l’on découvre le corps sans vie d’une jeune fille de 14 ans nommée Jeanne Boulet dans le village voisin de Langogne du nom de Hubacs. Elle devient officiellement la première victime déclarée de la bête du Gévaudan et elle fut enterrée sans avoir droit aux sacrements.

Le 8 août 1764, une deuxième victime fut répertoriée, encore une jeune femme de 14 ans retrouvée morte à Masméjean. D’autres corps furent découverts dans la forêt de Mercoire entre fin août et le courant du mois de septembre. Dès lors, des traques ont été organisées afin de mettre fin aux agissements meurtriers de la bête mais elles furent insuffisantes car il n’y avait pas assez de chasseurs pour couvrir tout le terrain où on eu lieu les attaques.

Cartographie des attaques présumées de la bête du Gévaudan.

C’est à partir du 15 septembre 1764 que le capitaine Duhamel ainsi que ses soldats (les dragons) viennent prêter main forte aux chasseurs de la région sous ordre direct du gouverneur de la province, le Comte de Montcan. Mais comme se fut le cas pour leurs prédécesseurs,  les battues n’ont donné aucun résultat concret et ont très bien pu également faire fuir la bête du Gévaudan dans les régions annexes de l’Aubrac et de la Margeride. Et la suite des évènements a confirmé ce que craignaient le capitaine Duhamel et ses troupes, en effet, une troisième victime de la bête fut retrouvée dans le village d’Apcher sans sa tête ! Elle ne sera retrouvée que 8 jours plus tard, le 15 octobre 1764. Et les attaques se multiplient et viennent rallonger la longue liste des victimes de la bête du Gévaudan. Il a été rapporté qu’un jour des chasseurs auraient aperçu le monstre rodait autour d’une de ses victimes et qu’ils auraient réussi à l’atteindre de deux balles dans le corps, mais sans que cette dernière trépasse. Un battue fut alors organisée le lendemain pour retrouver les traces de la bête, mais cela s’est soldé par un échec et de nouvelles attaques furent perpétrées par cette dernière coûtant la vie à une nouvelle femme du nom de Marie Solinhac. 2 mois se sont écoulés depuis les dernières atrocités de la bête et les troupes de Duhamel furent immobilisées à Saint-Chély et ont du faire face à un rude hiver qui les a empêché de poursuivre leur chasse. Cela a laissé le temps au monstre de faire 5 nouvelles victimes en décembre.

Dès lors certaines personnes sont persuadées que la bête du Gévaudan est l’incarnation du mal et donc ennemi de la foi envers Dieu. Le 31 décembre 1764, le Comte du Gévaudan Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré lança un appel aux prières et à la pénitence. Mais cet appel ne leur sera d’aucune utilité puisque rien ne semble arrêter la folie meurtrière de la bête à l’approche de l’année 1765 qui commet un nouveau massacre. Ayant eu vent de cette atroce histoire, le conseiller du roi Louis XV demanda à ce que le meilleur chasseur de loup du royaume nommé Denneval ainsi que son fils prennent la route du Gévaudan en février afin de mettre un terme aux agressions de la bête.

Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré, Comte du Gévaudan pendant les attaques de la bête.

Une fois arrivée sur place, les Denneval demandent à ce que Duhamel et ses troupes quittent le Gévaudan afin d’avoir l’exclusivité sur la traque de la bête, ce qui fut chose faite le 8 avril 1765. Seulement, la première grande chasse des Denneval n’intervient qu’à partir du 21 avril 1765 est l’objectif était de rapprocher la bête dans les bois de Prunières afin de préparer un guet-apens. Néanmoins, une bonne nouvelle a été apportée comme quoi la dernière attaque de la bête s’est soldée par un échec grâce à l’intervention courageuse d’une mère qui a tout fait pour protéger ses enfants de ce fléau, elle répond au nom de Jeanne Jouve et fut récompensé pour sa bravoure en recevant d’une somme avoisinant les 300 livres par le roi. Le 1er mai, la bête fut aperçu dans les bois de la Rechauve, entre Le Malzieu et Saint-Alban. Mais comme pour sa précédente attaque, celle-ci s’est soldée être aussi un échec et aurait été grièvement blessée après avoir reçu deux coups de fusil. Cependant, une bête est encore plus enragée lorsque cette dernière est blessée et une nouvelle femme fut retrouvée morte dans la paroisse de Venteuges. Tout le monde pointe du doigt l’incompétence et le manque de prudence des Denneval et réclame que ces derniers soit remplacés. Les plaintes furent approuvées par le roi qui ordonna à François Antoine, son porte arquebuse de quitter Paris pour le Gévaudan le 8 juin 1765.

“Monsieur Antoine” comme il fut ainsi surnommé arriva à Saint-Flour, le 20 juin. Pour lui, la bête du Gévaudan n’est rien d’autre qu’un loup comme les autres et il organisa une immense chasse le 11 août 1765. Une date qui sera à jamais marqué dans l’histoire du mythe de la bête non pas par François Antoine, mais par l’exploit d’une femme de 20 ans nommée Marie-Jeanne Valet qui fut par la suite surnommée “la Pucelle du Gévaudan”. En effet, alors que cette dernière quittait sa paroisse en compagnie de ses sœurs, elles seraient tombées face à la Bête du Gévaudan et Marie-Jeanne aurait réussi à blesser mortellement cette dernière. La bête tomba ainsi dans la rivière et disparu dans les bois.

Illustration de la défense de Marie Jeanne Valet, dite “la Pucelle du Gévaudan” face à la bête.

Malgré la bravoure de Marie-Jeanne Valet, il semblerait que cela n’est pas suffit à venir à bout de la bête. En effet, on a recensé d’autres attaques de la bête alors que cette dernière était supposée morte. Cela à renforcer l’idée qu’elle puisse être immortelle et confirmer aux yeux de la population son aspect démoniaque et surnaturelle. Pourtant, Jean Chastel affirme avec ses fils être le véritable tueur de la bête du Gévaudan et il peut le prouver car ce dernier l’aurait exposé en public et des naturalistes ont procédé à une autopsie détaillée de l’animal en 1767. Les résultats de cette étude ont confirmé une chose, la bête du Gévaudan serait en réalité un hybride entre un loup et un énorme chien. François Antoine eu vent de cette rumeur est décida de se rendre sur place afin d’en avoir le cœur net. Après avoir vérifié la véracité de cette affaire, il demanda à ce que le corps de la bête ainsi que son bourreau partent en direction de Paris afin que le roi puisse constater de ces yeux le monstre qui a décimé tant de ses loyaux sujets.

Depuis cette affaire et malgré d’autres attaques de loups similaires dans d’autres régions de France, nous n’avons plus entendu parlé de la bête du Gévaudan. Elle aura causé la mort de 88 à 124 personnes officiellement sur une période de 3 ans.

Rédigé par John Sinclair et publié sur Hellystar

Certaines sources de cet article proviennent de :

  • https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%AAte_du_G%C3%A9vaudan
  • http://dinosoria.com/bete_gevaudan.htm.