Les procès des sorcières, appelés ainsi car 70 % des condamnés sont des femmes, s’étend sur toute l’Europe et la chasse atteint son paroxysme entre 1560-1580 et 1620-1630. On la trouve en France, aux Pays-Bas ou encore en Écosse. Cependant, l’Angleterre, l’Espagne et le sud de l’Italie ne sont que peu touchés.


Dans la lignée du livre de Johannes Nider, le Formicarius (1475), le Malleus Maleficarum (1486) écrit par les deux dominicains Heinrich Kramer (Institoris) et Jacob Sprenger met au premier plan la femme comme sorcière. Le terme même « maleficarum » est du genre féminin. Le Malleus définit la sorcellerie comme un crimen mixti fori, où la justice temporelle des souverains et la justice spirituelle de l’Église devaient en même temps intervenir. Par rapport à l’hérétisme, la sorcellerie était avant tout un acte individuel donc la justice séculière pouvait s’appliquer. L’ouvrage fut publié avec la bulle pontificale Summis desiderantes affectibus qui affirma sa légitimité suprême.

Le processus d’accusation est en grande partie fourni par un grand mouvement de délation ou d’aveux de personnes déjà arrêtées. Tous les témoignages sont admis et il suffit souvent que de la rumeur publique pour que la persécution se mette en place. Les preuves ne sont pas souvent fiables et le fait par exemple, d’avoir eu ses parents condamnés pouvait être un motif suffisant pour être accusé à son tour.

Une fois arrêtée, la personne était interrogée. Les juges utilisent tous les moyens mis à leur disposition pour les faire avouer : menaces, présentation des instruments de torture ou même la douceur.

On cherchait la marque du diable sur le corps de l’accusé et l’interrogatoire se poursuivait jusqu’à découverte par le maitre des hautes œuvres, autrement dit le bourreau. Ensuite, la confrontation avec les témoins commençait.

Pour obtenir les aveux, les tribunaux utilisaient aussi la torture, appelée question extraordinaire. Les moyens de torture étaient divers. L’estrapade par exemple, consistait à suspendre à une corde la personne, les mains attachées dans le dos, ce qui disloquait les épaules irrémédiablement.

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Le chevalet quant à lui était une sorte d’échelle où la personne était attachée par les mains et les pieds à des roues qui glissaient ce qui conduisait à l’écartèlement.

L’ordalie par l’eau froide était aussi fréquente pour les sorcières. Les mains et pieds liés, la sorcière était plongé dans l’eau d’une rivière par exemple. Si elle coulait, l’eau bénite auparavant l’acceptait, le contraire, l’eau bénite repoussait la sorcière coupable.

La question était divisée en ordinaire et extraordinaire. Celle ordinaire consistait à questionner la personne en la rouant de coup le plus souvent. Elle consistait également à des versions plus « légères » de la question extraordinaire. Ainsi une version « ordinaire » de l’estrapade était utilisée. On attachait les mains dans le dos et la personne était suspendue avec attachée à son pied droit, une masse d’un peu plus de 80 kg.

En général, la torture est suffisante pour obtenir les aveux mais par souci de légalité, l’accusé devait redire ses aveux sans torture. La seule pensée d’être torturé de nouveau faisait que la plupart avouaient. Le résultat des procès étaient déjà connu d’avance, aussi ceux-ci n’avaient guère de sens.

La peine la plus commune était d’être brûlé vifs ou alors étranglés puis brûlés. Les accusés se faisaient souvent bannir de la ville également.

Ces procès firent beaucoup de victimes car lors des procès, les accusés accusaient souvent leurs accusateurs d’avoir aussi participé au sabbat. On estime à 100 000 le nombre de procès et entre 40 000 et 50 000 exécutions.

Les sources utilisées dans cette article :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chasse_aux_sorci%C3%A8res#Pers%C3%A9cutions_et_proc%C3%A8s

https://journals.openedition.org/medievales/732

https://fr.wikibooks.org/wiki/La_Grande_Chasse_aux_sorci%C3%A8res,du_Moyen%C3%82ge_aux_Temps_modernes

ROEHRIG Jacques, À mort, la sorcière ! – Sorcellerie et répression en Lorraine XVIe-XVIIe siècles, La Nuée Bleue, 2007.

ROEHRIG Jacques, L’holocauste des sorcières d’Alsace – Un effroyable massacre au cœur de l’Europe humaniste, La Nuée Bleue, 2011.

 


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