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Le gibet de Montfaucon, aujourd’hui disparu et situé à l’actuelle place du Colonel Fabien dans le 10ème arrondissement de Paris, fut considéré à l’époque de la royauté française comme étant le plus important lieu d’exécution par pendaison de France. Beaucoup de condamnés furent après leur mort exhibé à la vue des Parisiens et ce dans le but de montrer ce qu’il arrivait à ceux qui osaient s’en prendre au roi, en commettant aussi bien des délits mineurs (voler un morceau de pain par exemple) que des crimes majeurs (assassiner un membre de la cour royale, ne pas payer les impôts, pour citer quelques exemples). Sa macabre histoire continuerait encore de nos jours à tourmenter quelques habitants du quartier ayant ressenti certains phénomènes troublants.


Le gibet de Montfaucion : la macabre légende de la place des pendus
Crédit : Droits Réservés (DR)

La construction de ce gigantesque gibet de potence en pierres de taille a démarré vers le 14ème siècle, approximativement en 1303 et elle se serait achevée 11 années plus tard. La demande de ce « projet de modernisation », si on peut dire ainsi, aurait été faite par Enguerrand de Marigny, ministre de Philippe le Bel.

A l’origine, il existait déjà un simple gibet en bois et d’ailleurs le nom de « Montfaucon » aurait été donné en l’hommage du propriétaire de la butte dans laquelle fut érigée le lieu d’exécution, un homme répondant au nom de Faucon qui avait reçu justement l’ordre de construire en 1027 ledit gibet en bois mentionné pour le comté de Paris.

Le gibet de Montfaucon connaîtra plusieurs travaux d’agrandissement au cours de plusieurs siècles, mais il va acquérir un sinistre surnom celui « des fourches de la grande Justice de Paris ». En particulier à cause de l’architecture de ce dernier dans laquelle on y trouvait à sa base un parallélépipède rectangle d’environ 14 mètres constitué de 16 fourches dites patibulaires, soit des colonnes de pierre sur lesquelles reposait une traverse de bois horizontale. Ce sont également sur ces fourches qu’on pouvait exhiber jusqu’à 60 pendus enchaînés !

Comme expliqué plus haut dans notre introduction, après la condamnation à mort par pendaison, on laissait bien souvent à la vue des habitants du quartier comme les autres Parisiens de passage les corps des pendus afin d’une certaine façon montrer ce qui pouvait arriver à n’importe lequel d’entre eux, ce qui l’attendait si on ne respectait pas les lois instaurées dans le royaume. On peut ainsi imaginer l’horrible calvaire que subissaient les habitants entre l’odeur de putréfaction liée à la décomposition naturelle des cadavres et le fait que les corps servaient de charogne pour les corbeaux de passage.

Comment se passe les dernières heures d’un supplicié lorsque ce dernier se dirigeait vers le gibet de Montfaucon ?

Bien souvent le condamné à mort passait devant le couvent des Filles-Dieu qui fut malgré lui souvent lier à l’histoire du gibet du fait qu’on fit traverser le supplicié sur la rue Saint-Denis dans laquelle se trouvait l’édifice religieux. Lorsque l’on s’arrêta devant le couvent, on offrit comme s’il s’agissait d’un rituel en quelque sorte, un crucifix et de l’eau bénite au condamné. Parfois, les religieuses pouvaient donner aussi du pain consacré qu’on surnomma rapidement comme étant le « dernier morceau du patient » et un verre de vin. Avant de monter sur la potence, le condamné pouvait se confesser devant la croix située en contrebas du gibet en compagnie des moines qui avaient pour principale tâche d’expier les fautes du supplicié tout en lui accordant son pardon.

Le gibet de Montfaucon sera complètement laissé progressivement à l’abandon jusqu’à la Révolution de 1789. Ce qui restait de ce dernier c’est ce qui a fait sa sinistre renommée : les fourches qui elles seront détruites le 21 janvier 1790.

Combien de personnes furent exécutées pendant toute la période d’activité du plus grand gibet de France ?

Il est difficile de répondre à cette question avec précision car à notre connaissance, nous n’avons pas de documents écrits certifiant le nombre de morts par pendaison durant toute l’activité du gibet. De plus, il ne faut pas oublier qu’en dehors des morts par pendaison, il y a sûrement eu d’autres personnes mortes dans des circonstances bien différentes. En effet, comme exposer les corps était quelque chose de quotidien, n’oublions pas qu’une odeur de décomposition humaine peut probablement aussi indirectement enclencher l’arrivée de maladies incurables, à cause justement de l’hygiène qui a été pendant très longtemps un sujet pas forcément pris au sérieux. Ainsi on peut supposé que des épidémies comme la peste ou le choléra ont pu agrandir le bilan des victimes du quartier où s’exerçaient les pendaisons.

Avant de passer aux phénomènes étranges constatés dans le quartier où se situé à l’origine le gibet de Montfaucon sachez pour l’anecdote, qu’il fut aussi souvent liée à la superstition de la sorcellerie.

En effet à l’époque du Moyen-Age, plusieurs personnes ont pensé que quand on laissé les corps des pendus, se fut bien souvent pour que des personnes jugées comme étant « sorciers » ou « sorcières » puissent s’exercer à la de la magie noire. Cette hypothèse est attestée par une histoire impliquant en 1407, le duc d’Orléans dans laquelle ce dernier aurait demandé à un ecclésiastique de faire venir le diable au gibet de Montfaucon. Ce serait en étant dévêtu que ce dernier aurait réussi à invoquer deux démons qui lui ont proposé de mettre des objets dans la bouche d’un condamné à mort qu’ils auraient au préalable fait apparaître. En échange de ce marché, ils octroieraient au duc d’Orléans le pouvoir de séduire n’importe quelle femme, à la seule condition que ce dernier soit armé des objets que les démons ont enchantés et qu’il ait avec lui en permanence un morceau d’os d’un condamné du gibet. Cette histoire peut, on vous l’accorde paraître complètement invraisemblable et surréaliste mais elle participe néanmoins à la légende macabre du gibet de Montfaucon.

Revenons à nos moutons, en nous penchant sur les phénomènes paranormaux ressentis par les habitants de la place du Colonel Fabien. La plupart d’entre eux ont gardé en mémoire le passif de leur quartier à cause de ce qui était orchestré du temps de l’activité du gibet de Montfaucon. Ainsi parmi les manifestations étranges relevées, on aurait entendu dans le lointain des bruits de chaînes et des gémissements à l’emplacement même où se trouvait la potence.

Serait-ce les âmes des condamnés qui n’auraient pas trouvé le repos ?

Si l’on se base sur le principe que des personnes mortes d’une manière violente (ici en l’occurrence par pendaison) ne peuvent pas par elles-mêmes trouver le chemin menant vers ce que nous intitulons l’Au-Delà, alors on peut supposé que cela pourrait être effectivement leurs esprits qui aujourd’hui hanteraient encore le quartier.

Sauf et si l’on part plus dans une autre théorie dans laquelle il est possible de ressentir des mémoires résiduelles liées en partie au passé du lieu, mais également en fonction de l’environnement et de l’influence que peuvent avoir les conditions climatologiques sur notre cerveau.

Libre à vous de faire votre opinion sur le sujet.

Crédit-Image à la Une : Droits Réservés (DR).

Certaines données de cet article proviennent de :

  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Gibet_de_Montfaucon#D%C3%A9saffection_aux_Temps_modernes_(1599-1759)
  • https://www.histoires-de-paris.fr/gibet-montfaucon/
  • https://www.linternaute.com/paris/sortir/1043680-maisons-hantees-et-autres-mysteres-de-paris/1043683-gibet
  • Connaissances et recherches personnelles liées au sujet.


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  1. En septembre 1954, au cours de la construction d’un garage à deux sous-sols, 53 rue de la Grange-aux-Belles, on a découvert à 2,5 m de profondeur deux piliers, un pavage grossier, ainsi que les ossements de femmes enterrées vivantes au pied du gibet ! Les deux piliers ont été conservés sur place, au moins jusqu’aux années 70, quand le quartier a été transformé.

John Sinclair

John Sinclair est un grand passionné d’histoire, de tout ce qui touche au paranormal et, de manière générale, à l’étrange. Une passion qui a démarré avec l’écriture d’articles sur le sujet, sur un blog personnel pour commencer puis finir sur Hellystar, en tant qu’éditeur d’articles. Il a également créé une chaîne YouTube dans laquelle il présente des reportages sur la base de ses recherches et de ses différents travaux. Aujourd’hui, il se lance dans son premier projet d’écriture d’un livre mêlant ses deux passions majeures. Livre : Investigations paranormales – Premiers pas Chaîne YouTube
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