26 shares

Avertissements

Ce récit comporte certaines scènes choquantes. Il ne s’agit nullement de fictions, malgré leur caractère irrationnel ou « paranormal » mais d’expériences vécues authentiques. En tant que jeune-femme issue de la tradition juive séfarade (1), j’ai été amenée à découvrir la face occulte de ma tradition à travers une série d’expériences et de rêves initiatiques profondément enseignants. Mon intention n’est certainement pas de stigmatiser la communauté juive qui a par ailleurs suffisamment souffert au cours de l’Histoire, mais d’apporter un éclairage sur un aspect très méconnu et obscur de la tradition religieuse. Je vous livre ici mon témoignage.


Le soir du réveillon de Noël 1990, ma “mère” fit une énième crise de démence, particulièrement spectaculaire. Ce soir là, mon père, ma soeur et moi, bien que traumatisés, ne nous soulevèrent pas contre son agressivité. Nous ne fîmes aucune remarque. Elle venait de piétiner l’esprit même de Noël mais surtout, de sceller la loi du silence qui allait désormais nous contrôler tous trois. Une omerta qui nous serait fatale.

*

Je suis née de l’union interdite d’un jeune français catholique, devenu athé, avec une jeune pied-noir de confession juive, dont la famille a dû quitter le Maroc pour s’installer en région parisienne en 1967. Écartelée entre deux cultures pour le moins contrastées, j’ai reçu très jeune des messages totalement contradictoires. Ceux de mon père encourageaient le développement en moi d’une femme indépendante tandis que ma mère me ramenait systématiquement à une vision traditionaliste de la femme. Elle essayait de m’inculquer dès mon plus jeune âge l’art de tenir une maison, de m’occuper de mes frères et sœurs plus jeunes, de me comporter avec pudeur et décence en société, et surtout, de préserver ma virginité. Ce grand écart entre deux conceptions de la femme et de la vie a causé en moi une immense confusion car officiellement on me disait « sois libre », officieusement je ne devais surtout pas le devenir. Mais cette double appartenance est également ce qui m’a finalement permis de prendre du recul, de développer un regard critique vis-à-vis de la tradition religieuse et de moi-même. Car la tradition religieuse est un concept bien étrange. Elle ne nous est pas proposée, elle nous est imposée, avec gravité, parfois même avec violenceAlors pourquoi cet attachement féroce à la tradition ? Que nous est -il transmis à travers le respect de ses innombrables coutumes, croyances, pratiques et rites extrêmement codifiés ? Quel lien entretient la tradition religieuse avec le Céleste ? L‘occulte ? Qu’est-ce que l’on ne nous dit pas ? Ce sont des questions que mon expérience douloureuse m’a amenée à me poser très jeune.

Malgré son mariage avec un« goy » (2)ma mère s’est efforcée de nous inculquer avec zèle les principes fondamentaux de la tradition séfarade. Pendant toute mon enfance et adolescence, elle a justifié son impérieux désir d’ascendance sur moi par l’aspect moral et religieux. Selon elle, aucun homme ne voudrait de moi si je ne me comportais pas en femme juive, chaste et soumise. Cette vision rétrograde de la femme ne me plaisait pas et je la rejetais violemment mais en l’épousant, mon père avait juré de la laisser nous éduquer en « juifs » et de ne jamais interférer sur ses décisions. Grave erreur à mon sens puisqu’il nous abandonna tous trois à la déraison de cette femme ambiguë. Croyant échapper à son destin maudit en se mariant avec un français “de souche”, elle était sans le savoir manipulée de l’intérieur par son conditionnement familial et occulte.

Petite-fille, je me révoltai contre ses accès colériques qui me laissaient entrevoir une toute autre femme, inquiétante et assassine. Comment ma propre mère pouvait elle me haïr àce point? Une nuit elle m’apparut en rêve. Sa robe était noire, sa peau pâle comme la mort, ses yeux noirs et cernés de charbon me lançaient des flammes, son corps maigre s’étirait sans fin, devenant immense : sa tête touchait presque le plafond! Me faisant face, elle commença à déverser sa rage aveugle sur moi, comme à son habitude. J’étais tétanisée. Sous mes yeux, elle se changeait en un être surnaturel d’une puissance de destruction colossale. Je pouvais sentir toute sa haine et ses intentions meurtrières à mon égard. Après ce rêve, ma confiance fut pour toujours altérée malgré ses élans d’affection car, en dehors de ses “crises”, c’était une vraie “maman”, tendre et aimante. Sans appui extérieur ni aucune explication satisfaisante à ce phénomène, je me retrouvai à devoir porter seule ce lourd secret, la peur au ventre.

À 20 ans, j’étais au plus mal. Atteinte d’une forme de fibromyalgie très virulente, je ne parvenais pas à m’investir professionnellement, je n’avais absolument aucune confiance en moi et subissais un état dépressif latent qui m’ôtait toute lucidité et volonté. Mon avenir était sérieusement compromis. Il me restait une chose cependant : une rage sourde, le rejet de cette condition. Inconsciemment, j’entrais en résistance. Un épisode amoureux particulièrement éprouvant acheva de me mettre à terre. Cela me fit enfin réagir et j’éprouvai soudainement un retour de foi. J’avais toujours cru en Dieu mais mon éducation m’en avait dégoûté, je ne priais plus depuis des années. À bout de souffle et de ressources, je me décidai à implorer de tout mon être l’aide de l’Intelligence supérieure.

Quelques jours après je reçus l’appel de Ganji, devenu mon compagnon et plus grand complice. Il voulait un rendez-vous pour une séance de Tui Na (3) car je pratiquais la médecine traditionnelle chinoise. Vous ne rêvez pas : je croyais pouvoir aider des gens, moi qui était si mal en point!

Ganji fit une entrée simple et élégante dans mon petit cabinet ce soir là. Il avait un regard profond et intelligent, une présence empathique, qui m’intriguèrent tout de suite. J’éprouvai l’envie irrépressible de connaître sa vie. Il me raconta comment il avait connut l’Éveil à 20 ans, à force de pratique de la méditation et de volonté, ce que le dépassement de l’Égo et la rencontre avec l’Intelligence supérieure avait changé en lui, comment il avait plaqué sa carrière dans la publicité, ses années d’exil à la Réunion, en Inde, en Afrique, son retour à Paris, sa rencontre avec l’Iboga (4), sa guérison spectaculaire, la découverte de sa médiumnité(5) !… Pendant des heures, je l’écoutai avec passion et l’interrogeai, avide et satisfaite. Son vécu me parlait, je retrouvai le sourire. Moi aussi je voulais guérir et me rencontrer ! Moi aussi je voulais du SENS à mon existence! Je m’exaltais intérieurement, je planais. Et j’avais bien raison : ma vie allait à jamais être bouleversée par cette rencontre. Je découvrirais bientôt moi-même le sens du mot SACRÉ.

Lors d’une seconde rencontre je lui parlai de mes problèmes de fibromyalgie et il me proposa une consultation. Je demandai à son guide l’origine de mes souffrances. Celui-ci me répondit avec tact mais sans détours que j’étais la cible de pratiques malfaisantes. Certaines personnes de ma famille maternelle, une tante en particulier, possédaient un savoir sorcier puissant quleur avait été transmis au Maroc. J’en blêmis. Beaucoup de questions se précipitèrent dans ma tête : Pourquoi moi ? Depuis quand étais-je ciblée ? Pourquoi me rendre malade ?

Cette tante n’en n’avait pas après moi directement. Elle s’était jurée de détruire le mariage « hérétique » de mes parents mais n’y était pas parvenue. L’enjeu à présent était de « rétablir l’ordre » en me contrôlant pour s’assurer que j’épouserais un homme juif. Cette intrusion dans ma chair et ma psyché était en train de me voler ma vie. J’en fus révoltée.

Le soir même j’étais allongée dans mon lit, tombant de fatigue, quand je fus surprise par une énergie étonnante et prodigieuse. Serpentine, elle s’éleva du bas de mes reins jusqu’au sommet de mon crâne en ondulant gracieusement. C’était une sensation incroyable, cette vie en moi, surgie de nullepart ! Une révélation ! Je devinais sa présence et ses intentions bienveillantes quand un mot se forma en lettres capitales dans mon esprit : COBRA. Puis je vis un magnifique serpent apparaître et se dresser face à moi. Majestueux et virile, je compris qu’il s’agissait de la Kundalini (6), la manifestation incarnée de l’Intelligence supérieure divine. Qu’elle se présente ainsi à moi était de très bon augure. Cette nuit marqua le début d’un long périple initiatique.

À partir de ce moment, je développai quantité de symptômes qui survenaient soudainement et dont aucun traitement ne venait à bout : infections urogénitales à répétition, crises de fibromyalgie, épuisement, abattement moral… À chaque fois que je consultais Iurikan, c’était le même verdict : attaque occulte. Cette femme s’acharnait surmoi pour briser ma relation avec Ganji, consciente de la menace qu’il représentait pour ses projets. Les guides de Ganji me prodiguaient maintes conseils pour développer ma lucidité et apprendre à me protéger mais il me fallut bien du temps pour les intégrer. L‘être humain a la tête bien dure!

Au bout de quelques semaines, je décidai de passer le week-end chez mes parents. Lorsque je rentrai chez moi, je tombai malade sans faire le rapprochement. Malgré toutes ces révélations, je continuais de vivre comme si l’occulte n’existait pas, bêtement inconsciente. Fort heureusement je fus alertée par un rêve particulièrement explicite :

Je me trouvais dans notre maison de famille à la campagne. Dehors une tempête apocalyptique faisait rage, le vent soufflait et les pluies s’abattaient avec une violence inouïe. Une version maléfique de ma mère se tenait dans la salle à manger face à moi, vêtue de noir. Le visage et les mains cadavériques, le regard noir et menaçant.

Je criai : « Rends-moi mon foulard !

Elle rit : « Je ne l’ai pas. ».

Moi – « Je sais que tu l’as ! Rends-le moi ! ».

Elle – « Si tu le veux tu n’as qu’à sortir le chercher. »

Moi – « Si je sors, je vais attraper la mort ! C’est ça que tu veux ?! »

Elle rit.

Moi : « Rends-le moi !

Elle, brandissant soudainement son bras avec un air triomphal – « Tiens ! Le voici ! »

Moi – « C’est impossible ! Celui-ci est noir ! Le mien est blanc ! »

Elle – « C’est le tien ! Prends-le ! »

Constatant avec effroi que c’est bien le même mais qu’il est devenu noir : « Noooon !! »

Lorsque je me réveillai, je cherchai partout ce foulard que j’aimais tant : disparu ! À bien y penser, je ne l’avais pas revu depuis que ma visite. Depuis, j’étais devenue très faible, mes symptômes fibromyalgiques étaient revenus en force. J’étais défaite. Ma mère était donc dans le coup ! Et dire que je m’étais naïvement confiée à elle de la mauvaiseté des pratiques de cette tante aînée…

Mais au fond je n’étais pas si surprise. Mon enfance et ma jeunesse avaient été troublées par les disputes récurrentes qui éclataient entre elle et moi. Plus elle me fantasmait vertueuse et soumise, plus je me rêvais libre et devenait farouche. Lorsque je lui tenais tête, elle entrait quelques fois en transe et se mettait à psalmodier des insultes en arabe pendant de longues minutes sans discontinuer, le regard fixe. Le rêve que j’avais fait petite-fille me revint en mémoire… Comment avais-je pu occulter une pareille révélation ?

À présent les pièces s’assemblaient, formant un tout cohérent. Cette histoire de foulard dérobé par ma “mère” me ramena quelques années en arrière, à la fin de mon adolescence :

Ma grand-mère maternelle venait de mourir et son corps avait été rapatrié en Israël où elle devait être enterrée dans le vaste cimetière de Jérusalem. Comme le veut la coutume, ma mère, ses frères et sœurs, se rendirent là-bas pour veiller le corps pendant 8 jours. Avant de partir, elle me demanda une faveur. Elle voulait emprunter une longue jupe noire que je portais très souvent car une fois sur place, elle aurait besoin de vêtements noirs confortables. Je m’empressai d’accepter : comment lui refuser en de pareilles circonstances ? Lorsqu’elle revint de ce voyage, elle ne me rendit pas ma jupe. Je l’interrogeai, elle me répondit avec embarras que la jupe s’était trop usée et déchirée, elle avait dû s’en séparer. Est-ce un simple hasard si mes premières migraines et symptômede fibromyalgie apparurent cette année-là ?

Au bout de ma 2ème année de lutte et d’éloignement familial, la fibromyalgie avait nettement régressé. Mais alors que tout allait pour le mieux je commençai à suffoquer. Mes poumons étaient comme comprimés, l’air ne passait pas ou très peu. Chaque jour l’étau se resserrait et j’avais peur de manquer d’air. Inquiète, je demandai l’aide de la dimension supérieure. Au bout de quelques jours de prières je reçus un rêve éloquent :

Je me trouvais dans un sous-sol très sombre. En son centre, je discernais une piscine dont les eaux fluorescentes étaient illuminées de l’intérieur. Une lumière bleue-verte blafarde jaillissait du bassin, éclairant partiellement les silhouettes noires qui se tenaient immobiles tout autour. Je reconnus mes oncles et tantes, revêtus de vêtements de deuil. La piscine semblait un tombeau dans lequel je devinais que j’allais être bientôt noyée. Je me regardais : j’étais déjà dans l’eau ! Mon corps flottait  inanimé à sa surface, sur le ventre, le visage enfoui. Mes oncles contemplaient ma silhouette avec satisfaction. Tous semblaient attendre mon dernier souffle. Je comprenais qu’ils étaient là pour assister à mon grand sacrifice. Soudain une force virile jaillit de moi et mit fin à cette mise en scène macabre : je refusai tout net cette cérémonie. Lorsque je me réveillai j’inspirai profondément. L’oppression avait disparu. Quelques jours après, j’appris que la tante dont m’avait souvent parlé le guide de Ganji, avait été admise aux urgences en Israël : elle se plaignait d’une maladie pulmonaire subite qui avait failli l’asphyxier dans son sommeil ! Je compris que le mal avait été retourné à l’envoyeur au moment du rêve. À partir de ce jour elle n’essaya plus de me nuire.

Mais l’expérience qui me révéla de façon claire et indubitable la nature cachée de ma « mère », je la vécus 4 ans plus tard.

Une nuit, je fus réveillée parla Kundalini. En transe, mon corps énergétique vibrait intensément. À demi-éveillée je revécus intégralement et en temps réel, comme sous hypnose, une scène qui s’était déroulée alors que je n’étais qu’un bébé :

Je suis nue sur une table à langer dans la salle de bain rose de l’appartement dans lequel nous avons vécu jusqu’à mes 6 ans. Ma mère, ou du moins une créature se faisant passer pour elle, s’approche de moi en marmonnant des incantations. Je reconnais des bribes de prières juives. Ses yeux sont noirs et luisants de convoitise et de cruauté. Elle est totalement en transe et semble savoir exactement ce qu’elle a à faire. Je me sens vulnérable, totalement à sa merci. Mes jambes, maintenues écartées par sa volonté ne peuvent se refermer. Et c’est ainsi qu’elle commence une gestuelle inquiétante devant mon sexe, tout en poursuivant ses incantations. Je sens dans ma chair une énergie me violer et ouvrir une brèche, je voudrais bien l’en empêcher mais je ne suis qu’un bébé ! Cette « présence » s’infiltre en moi. C’est atroce.

J’émergeai de cette transe toute tremblante d’horreur. Je savais enfin ce qui m’était arrivé. Au fond je l’avais toujours su. Toute ma vie avait été biaisée par cet instant T. Je ne m’appartenais pas. Ainsi, bien que brillante dans mes études, je n’arrivais à rien. Je passais de petit boulot en petit boulot et me sentais « bonne à rien ». J’étais de plus ravagée par une maladie honteuse que je ne m’avouais pas encore : la dépendance affective et sexuelle. Cela me rendait la vie insupportable. Love-addict, je me jetais dans des relations sordides et destructrices qui m’empêchaient de construire quoi que ce soit. À partir de ce moment je voulus défaire le mal. Recouvrer mon intégrité coûte que coûte. J’en devins obsédée. Qui était la créature qui utilisait ma mère? Quels étaient ses projets ? Je décidai de percer le secret de cette “drôle” de famille.

Je fis bientôt un rêve étrange qui m’apporta une clé essentielle:

Une belle jeune-femme se tenait devant moi et me fixait de son regard tendre et intelligent. Je reconnus tout à coup ma mère, à peine âgée de trente ans! Elle me dit avec gravité : “Je veux te montrer quelque chose ». Elle sortit d’une armoire ancienne un tas de vieux vêtements en boule qu’elle portait dans les années 70 et entreprit de les dérouler précautionneusement comme si elle craignait de faire tomber un objet délicat. Au bout d’un certain temps, sa main alla fouiller l’intérieur du paquet et en retira une bague qu’elle me tendit : « Vois  ce que tu cherches. C’est le secret de notre famille ». C’était une bague très ancienne dont l’aspect évoquait celui d’une ruche. L’anneau en or vieilli était surmonté d’une multitude de pierres polies dans les tons fauves, mais la présence de quelques pierres grises et noires conféraient un aspect inquiétant à l’ensemble. Ce rêve annonçait ma prochaine rencontre avec la vérité.

Au printemps 2011, Ganji et moi décidâmes d’aller passer quelques jours au vert au cœur du Morvan, dans la maison familiale. Nous étions loin de tout, au beau milieu du Parc naturel, avec pour seuls voisines des vaches et quelques biches que nous avions parfois la chance d’observer à la dérobée. La nuit de notre arrivée mon compagnon fit un rêve. Il s’enfonçait dans un bois, irrésistiblement attiré par un agglomérat de roches et découvrait en son centre une plante extraordinaire. Celle-ci irradiait une énergie bienfaisante et lui dit: “Offre mes feuilles à Iori”. Le lendemain, nous explorions les sous-bois en quête de cèpes de bordeaux quand Ganji s’immobilisa face à la fameuse plante. En rentrant, il prépara une décoction et me tendit le breuvage. Après une petite heure où il ne se passa strictement rien, mon corps et mon esprit commencèrent à s’engourdir et je fus rapidement absorbée par la transe. De nouveau, la bague familiale m’apparut, cette fois à mon doigt. Surprise, je l’observais, fascinée par sa beauté étrange, son allure insolite… insectoïde. Et soudain ce fut évident : cet insecte, je le portais en moi! Cette révélation prit instantanément forme dans ma chair et je devins cet insecte: c‘était une sorte de guêpe géante et massive. Je la sentais se délecter de ma sève vitale. Ainsi, elle se nourrissait de ma propre énergie ! L’idée m’en fut insupportable. Pendant toute la session avec la plante je pus la sentir bouger en moi, son corps chaud se contorsionnait, ses mandibules se contractaient nerveusement, contraignant mon visage à d’affreux rictus. J’étais devenue cet insecte immonde. Je pouvais sentir tout le fiel, toute la perversité de cet esprit malfaisant, sa fourberie, sa bêtise… mais aussi sa terreur du divin. Chaque fois que Ganji s’approchait de moi, celle-ci était prise de panique tant l’énergie de Ganji la répugnait ! Je sentis également bientôt son énergie sexuelle extrêmement présente. Un feu ardent irradiait mon bas ventre. C’était un esprit définitivement malsain et lubrique.

Pendant toute la nuit je déployais toutes mes forces pour expulser cette créature répugnante mais il ne se passa strictement rien. L’univers entier semblait rester muet. J’étais accompagnée et protégée, cela je pouvais le sentir, mais l’exorcisme tant attendu ne se produisait pas. Vaincue par la fatigue et humiliée, je dus finalement admettre la vérité : ma foi n’était pas assez forte. Cependant l’expérience en elle-même était une victoire puisque l’identité occulte familiale venait enfin de m’être révélée au grand jour. Cette entité ne pourrait plus se jouer de moi. Au petit matin, les effets se dissipaient quand l’esprit de la plante me transmit des éléments de compréhension cruciaux : le parasitage de mon corps énergétique avait gangrené mon corps physique au fil des ans, provoquant des douleurs et de violentes migraines. L’entité était à l’origine de la fibromyalgie et du manque de tonus qui me handicapaient. Mais ce n’est pas tout : la dimension lubrique de cette entité vampire avait généré en moi une addiction affective et sexuelle. À travers moi, elle pompait les hommes que je rencontrais !

Suite à cette épreuve, je restai traumatisée un long moment. Je n’admettais pas cette cohabitation forcée avec une “bestiole”. Les symptômes n’avaient pas complètement disparus et je pouvais la sentir bouger en moi, surtout au niveau du visage. Chacun de ses mouvements m’emplissait d’horreur. Je n’osais plus rien faire, je n’osais plus m’endormir, je n’osais plus respirer sans penser à sa présence. Il fallait que je lutte constamment tout en sachant que je ne pouvais rien y faire. Un jour, Ganji en eu assez de me voir dans cet état et me parla avec franchise : “ Tu dois vaincre ta peur. Tu ne fais rien, tu restes passive, c’est elle qui a le dessus pour l’instant! Provoque-la, chercher-la ! Envoie-lui ta rage, ta colère, fais la trembler!! Tu es en train de devenir folle. Et tu fais pitié à voir. ” Cette idée me remplit d’effroi. Je ne voulais surtout pas d’une seconde rencontre ! Mais il avait raison et je me résignai. Je m’isolai donc dans une pièce et me concentrai sur mes sensations intérieures. Était-elle toujours là? Les soubresauts mandibulaires ne tardèrent pas à me confirmer sa présence. Manifestement, elle n’appréciait pas trop l’idée de Ganji. À nouveau je pouvais sentir tout son fiel, son venin, son mépris pour moi. Qui étais-je pour oser la défier? Lorsque je pénétrai le centre de la salle, il se changea dans mon esprit en un ring de boxe. Pendant près d’une heure jenvoyai à la “bêstiole” toute ma rage. Je la provoquais, j’allais chercher au fond de mes tripes toute la haine qu’elle m’inspirait et la projetais sur elle. Je l’acculais, je frappais, je gueulais, j’extériorisais ma colère. C’était tout nouveau pour moi, étant d’une nature douce et tranquille, introvertie et docile. Une proie si facile… Au bout d’un certain temps à m’épuiser, je sentis que la peur me quittait. La créature demeurait, mais la peur n’était plus. C’était cela ma grande victoire. J’étais capable d’être plus forte que la terreur, plus forte que la douleur, que la honte qu’elle suscitait en moi.

Cette nuit-là, je reçus une réponse totalement inattendue à mon combat. Comme j’étais sur le point de m’endormir, une lumière bleue traversa le plafond, perçant l’obscurité de ma chambre. Elle s’amplifia et bientôt, je vis apparaître en son centre un visage rayonnant de bonté. Son regard franc et vaillant, profond et cristallin me fixait avec fierté. Ma poitrine s’ouvrit tout en grand pour recevoir son amour infini. C’était si bon, après tant d’épreuves. Une épée flamboyante apparut alors devant mes yeux médusés. Il la prit et dans un geste sacré, me la tendit. Je ne pouvais pas rêver plus belle récompense. Toutes ces nuits à lutter et à me désespérer… Un être suprême et singulier venait en personne me remettre l’épée qui tranche le Mal, l’épée que mon courage m’avait permis de gagner. Mon cœur était débordant de gloire et de reconnaissance. Je ne l’oublierai jamais.

À bientôt pour la suite et fin de ce témoignage. L’expérience d’exorcisme par la Kundalini se trouve dans la deuxième partie!

Iori


[wordads]

Like it? Share with your friends!

26 shares

Quand pensez-vous ?

GRR GRR
0
GRR
HUM HUM
1
HUM
LOL LOL
0
LOL
WAW WAW
0
WAW
OMG OMG
1
OMG
OHW OHW
0
OHW

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ganji Anankea

Choisissez le type de post
Sondage
Obtenez des réponses sur une question que vous poserez
Article
Proposez vos connaissances ou votre témoignage
Top
Le classique top
Video
Youtube, Vimeo ou encore Vine
Audio
Soundcloud ou Mixcloud Embeds
Image
Photo ou GIF